dimanche 6 août 2017

La trahison médiatique par excès de médiocrité

Un jour viendra où on mesurera combien le monde médiatique aura été le plus grand destructeur de la démocratie en générale et du débat démocratique en particulier. Aucun élu, aucun dictateur ne lui aura fait plus de mal et de façon aussi insidieuse.
Il n'existe aucun remède, aucune forme possible de résistance. Il faudrait que chacun d'entre-nous s'en empare et cette simple idée est déjà illusoire. Il n'est malheureusement rien d'autre que crier individuellement dans un désert sans écho.
Il n'y a pas de révolution possible contre la dictature médiatique. Et de ce point de vue, Victor Hugo n'a jamais eu tant raison lorsqu'il avançait que "la populace ne fait que des émeutes, pour une révolution, il faut un peuple."

Que les adeptes de tous poils de la théorie du complot ne s'excitent pas, la dictature médiatique n'est pas le résultat d'une organisation de quelques puissants qui voudraient s'arroger un pouvoir. La pire erreur stratégique est de se tromper d'adversaire. La dérive médiatique à laquelle nous assistons (et à laquelle nous contribuons) est juste l'emballement d'un extraordinaire outil désormais aux mains des médiocres. Le vrai risque est là et on a déjà dépassé ce stade tant le processus est déjà enclenché : une espèce de grand ordinateur créé pour servir l'humanité, disposant de tout pour lui permettre d'être maîtresse de son destin, qui s'emballe, qui n'est plus maîtrisé et qui se retourne contre ses créateurs sans la moindre motivation qui puisse justifier ce revirement. Le vrai drame de notre société, son vrai cancer qui la détruira, c'est l'avènement de la médiocrité. C'est TF1, C8, BFM, Cyril Hanouna, les Marseillais à Miami, les gros titres simplistes, l'utilisation irraisonnée des articles définis à la place des articles indéfinis en disant que les Français refusent ou veulent ou sont choqués plutôt que des Français refusent ou veulent, etc. C'est la banalisation de tous les superlatifs où un film, un album ou un roman est qualifié d'événement avant même sa sortie. C'est la toile qui s'affole ou les twittos qui s'énervent parce que dix mille excités anonymes courageusement cachés derrière leurs pseudonymes se sont mis à vociférer leurs insultes étouffant les millions, plus discrets, qui agissent, font, construisent. On veut faire croire que ceux qui gueulent le plus fort sont les plus nombreux et détiennent nécessairement la vérité. Comme on anthropomorphise les animaux, on torture les règles de la rhétorique en collant du pathos dans tous les raisonnements, de la sensiblerie à coups de pseudo morale à toutes les sauces au point d'apprécier les lois et ceux qui les portent à la seule lumière du bien et du mal. Non, notre manipulation n'est pas le fruit d'une volonté supérieure (même si elle existe localement au bénéfice d'intérêts particuliers), elle est juste la conséquence de la médiocrité qui envahit toute notre société à tous les niveaux et dans le moindre de ses rouages. 

Ne nous leurrons pas. La grande masse n'aspire pas à élever son niveau de conscience. L'assurance de la verdure de son pré qu'elle pourra brouter à souhait en regardant passer les trains lui suffit. Il n'est aujourd'hui que des revendications de consommateurs politiquement habillées pour les rendre honorables. 

A l'instar du réchauffement climatique dont l'inertie est telle qu'on ne peut plus espérer aujourd'hui que son ralentissement, la démocratie est vouée à disparaître. C'est déjà un enfant mort-né ou trop moribond pour espérer le sauver. Chacun en veut les bénéfices mais en refuse les responsabilités. L'avenir de notre société s'écrira avec une partie de la population souterraine, faite de délinquance et de beuveries, une immense majorité qu'il suffira de satisfaire à coups de plaisirs virtuels et de machines à rêves et une élite minoritaire mais dominatrice. 

La domination de la masse par quelques uns ne sera pas le projet de ces quelques-uns mais le simple résultat de notre fainéantise intellectuelle alimentant une médiocrité consentie par tous. Ce qui est étonnant, c'est de voir combien les chantres du combat anti-système sont parmi les plus grands complices de cet état de fait. Mais ceci est une autre histoire...




mercredi 19 juillet 2017

L'indéfini progrès

Lorsque j'étais enfant, la seule discipline scolaire qui me passionnait était l'étude du Français. On m'a empêché de poursuivre dans cette voie parce que je n'étais pas assez bon... en maths. Du coup j'ai fait des études scientifiques. 

Ne cherchez pas à comprendre, l'éducation nationale avait déjà entamé sa descente pour la conduire là où nous la voyons aujourd'hui. Pas certain qu'on puisse espérer beaucoup d'amélioration tant une politique n'existe que par ceux qui la mettent en oeuvre et la font vivre. Et là, entre les directeurs de tous poils, les inspecteurs généraux de l'éducation nationale (IGEN), les inspecteurs généraux de l'administration de l'éducation nationale (IGAEN), les recteurs, les inspecteurs d'académie (IA), les inspecteurs pédagogiques régionaux (IPR), les inspecteurs de l'éducation nationale (IEN), les proviseurs, les principaux, les professeurs, les professeurs des écoles, les parents, les élèves et j'en oublie... ça ne va pas être simple pour que chacun, à son niveau, fasse au moins ce qui lui est demandé de faire surtout dans une société où la désobéissance et le dénigrement en place publique sont érigés en signe d'autonomie constructive visant à défendre l'intérêt général au mépris d'une discipline qui serait sclérosante. Même le frère de sa Seigneurie Philippe de Villiers, tout aussi fervent catholique que son aîné et, entre autre, chef d'Etat-Major des armées démissionnaire, passe pour un rebelle au service de la nation en usant des micros pour marquer son désaccord. On peut toutefois comprendre que, venant du patron de celle qui se fait appeler "la grande muette", cela chauffe un peu le chef dudit patron qui, de ce fait, n'a plus de raison de calmer ses nerfs en privé. Mais, selon la conscience collective qui ne se nourrit que du médiatiquement digéré, puisqu'il est général, il est compétent et donc ce qu'il dit est forcément juste. La preuve c'est qu'on invite des experts généraux compétents en retraite pour commenter les commentaires du général d'active qui, de toute façon, était au bord de la retraite et ne devrait donc pas tarder à devenir à son tour expert compétent dans les diverses rédactions. Les anciens sportifs commentent les compétitions sportives, les anciens militaires commentent les compétitions militaires. Jusque-là, tout est normal. Il contredit vertement le président, c'est donc lui qui a raison puisque le président est un politique qui, par définition, n'y connait rien et à tort face aux... experts compétents. D'autant que celui-là est jeune et brillant et qu'il ne se laisse pas faire. On se plaignait du précédent qu'on qualifiait de gros tout mou, voilà que maintenant on se plaint de l'autorité du suivant qu'on qualifie de Jupiter. Vous ne vous trompez pas, vous êtes bien en France où la météo est toujours au-dessus ou en-dessous des normales de saison. Comme disait pourtant Clemenceau : "la guerre est une chose trop sérieuse pour la confier à des militaires". 
Les médias deviendraient-ils le passage obligé pour contourner les voies démocratiques ou les réunions dans les bureaux ? On pourrait se le demander et surtout, peut-être et même surement, s'en inquiéter. D'autant que tout le monde se fout éperdument de savoir si le choix de réduction du budget des armées la première année du quinquennat tout en gardant le cap des 2% du PIB en 2025 est valable ou pas. La seule chose qui importe est le conflit  en place publique entre le président et son chef d'Etat-Major. Il aurait pu porter sur le prix des carottes sur le marché de Saint Foin la Castade, dans six mois, plus personne n'en parlera et ceux qui s'en souviendront en auront oublié la cause depuis belle lurette.
Mais revenons à l'objet de ma modeste pensée qui m'a conduit à saisir mon crayon pour écrire au clavier. Je m'étais inscrit sur Facebook pensant que, malgré tout, on pouvait y construire un espace de débat respectueux et favorable à la réflexion. Erreur ! J'avais oublié, à l'inverse du général précité, mon aversion pour l'affichage public de mes divergences avec mes proches (amis ou familles) plus encore lorsque celles-ci sont exprimées vertement pour n'utiliser qu'un euphémisme. Je note d'ailleurs au passage, la délicatesse de ceux qui prenaient la peine de m'en faire part en messages privés. Fort étonnamment, contrairement aux autres, ils s'exprimaient en outre avec courtoisie et délicatesse. C'est sans doute ça l'amour, le vrai. Celui de cultiver l'empathie qui invite à ne pas tenter de blesser publiquement pour le seul plaisir de faire un bon mot ou de marquer par la verve la pertinence de son propos oubliant parfois qu’impertinence ne vaut pas toujours pertinence (une affectueuse pensée pour toi ma sœurette qui a cette délicatesse rare).

Hors l'égout verbal et intellectuel que forment en bonne part les réseaux sociaux où se côtoient volontiers les délateurs anonymes à l'insulte proférée avec courage derrière de ridicules pseudonymes, j'ai retenu une autre leçon qui me renvoie aux cours préférés de mon enfance. L'utilisation des articles définis au mépris des articles indéfinis. Après quelques jours de la disparition d'une grande dame qui avait préféré l'action aux mots pour la défense de la cause féminine, combien sont-elles à avoir dénoncé l'infernal machisme de l'expression "les droits de la femme" lui préférant de loin "les droits des femmes" marquant ainsi la singularité de chacune. Combien sont-ils à refuser les connotations infâmes que l'on colle abusivement à : les fonctionnaires, les policiers, les enseignants, les médecins, les élus... Chaque fois pour accuser, jamais pour encenser. Quelles seraient alors les lectures de nos arguments en toutes choses si nous avions la prudence, la finesse, l'acuité d'évoquer des fonctionnaires, des policiers, des enseignants, des médecins, des élus, ... ? Ne serait-ce pas déjà un premier pas vers l'acceptation, la compréhension, l'intégration de la complexité dans notre appréciation des choses ? Ne serait-ce pas la voie vers la recherche de solutions appropriées, différenciées, tenant compte du global comme du local ? Ne serait-ce pas enfin, l'acceptation que le parfait n'existe pas et que la lacune n'est pas forcément un manque qui remet en cause la validité de la règle mais au contraire un axe de progrès qu'il faut explorer et combler ?  Ne serait-ce pas le moyen de vaincre la déprime que nourrit l'imperfection du monde par l'enthousiasme d'avoir encore à l'améliorer ? Considérer que l'imparfait n'est qu'un parfait en devenir et qu'il n'appartient qu'à nous de le corriger. Ne serait-ce pas finalement le moyen de muer l'impuissance de ce désespoir quotidiennement entretenu en un stimulant espoir, si tant est que nous comprenions qu'à tous niveaux et selon nos aptitudes, nos moyens et notre environnement, nous en portons tous la responsabilité.

J'aime cette idée que c'est l'indéfini qui nous fait progresser. Finalement, peut-être peut-on espérer voir notre éducation nationale se redresser et bien d'autres choses également. Parce qu'il y a sans nul doute des directeurs, des IGAEN, des IGEN, des recteurs, des IA, des IPR, des IEN, des chefs d'établissement, des profs, des parents, des élèves, des fonctionnaires, des policiers, des enseignants, des médecins, des élus, bref des Français qui méritent d'être considérés dans ce qu'ils font au quotidien et anonymement pour améliorer ce monde.

jeudi 6 juillet 2017

Veil 2017 ?

Faut-il rappeler qu'en son temps la loi sur l'IVG, défendue par Simone Veil, avait été considérée par celles et ceux qui souhaitaient l'autorisation de l'avortement comme une loi encore trop restrictive et très incomplète ? Nul doute que si les réseaux sociaux avaient existé, la bataille aurait été bien pire que le mariage pour tous et bien malin celui qui pourrait dire qui en serait sorti vainqueur tant on accorde de nos jours plus de crédit aux plus bruyants qu'aux plus nombreux.

Je ne doute pas un instant que le texte, tel qu'il fut en 1975, serait présenté aujourd'hui comme une trahison de la cause compte tenu de ses imperfections d'alors, car une cause identifiée de gauche portée par une personnalité de droite, fut-elle reconnue progressiste, est nécessairement suspecte. L'imperfection du texte aurait donc été traduite comme un abandon, un revirement, un reniement, une soumission aux grands démons du puritanisme et de l'intégrisme religieux. Survenant quelques mois seulement après l'élection et les quelques espoirs qu'avait suscité l'arrivée, certes en petit nombre, d'humanistes comme Simone Veil, les détracteurs se seraient déjà délectés en titrant avec ironie et non sans une certaine jouissance de pouvoir démontrer ainsi l'hypocrisie du gouvernement : "Loi sur l'IVG, le début de la chute". Je n'ose imaginer le déchaînement des réseaux sociaux s'ils avaient existé et le déferlement de mépris de la part de ceux qui aujourd'hui adulent le courage de Madame Veil.

"Plutôt rouge que mort" était le slogan de pacifistes lors du déploiement des missiles américains en RFA en réponse à l'installation des SS-20 de l'Union Soviétique. Un détournement du fameux « Lieber tot als rot » de Joseph Goebbels. Vision binaire, manichéenne, radicale, absolutiste qui veut qu'une chose ne soit acceptable que dans sa perfection. Négation de la complexité des choses et du monde, refus d'apprécier ce qui relève du progrès dans le souci de l'amélioration continue plutôt que de se désoler du verre à moitié vide. La fainéantise intellectuelle et son cortège de mauvaises fois assurent le confort de l'éternelle opposition.

Plutôt roseau que chêne, telle est la bienveillance : s'inscrire dans un mouvement qui veut que chaque pas qui va dans le bon sens, aussi petit soit-il, reste préférable à l'immobilisme. Reconnaître que ce qui n'est pas conclu aujourd'hui ne l'est peut-être pas par une motivation de défi, de mensonge, d'abandon, de trahison ou de soumission à des forces contraires mais au souci du "un tu l'as vaut mieux que deux tu l'auras". Ce qui non seulement n'interdit pas de poursuivre le combat pour réduire les carences mais l'encourage au contraire tant la marche sera moins haute à franchir. Certes, cela implique des négociations pour placer au plus tôt le curseur au meilleur du progrès et ce qui est acquis ne doit pas être un prétexte à un défaut d'exigence. Mais ne pas confondre l'urgent et l'important est le meilleur moyen de cibler les priorités. C'est cela que réclame une grande partie de nos concitoyens. L'abandon des procès d'intention et une opposition constructive qui ne veut pas dire absence de combat politique.

Au jeu de Go, la condition sans laquelle aucune victoire n'est possible, c'est le respect de l'adversaire. On ferait bien de s'en inspirer.

mercredi 21 juin 2017

De Saint Pierre à Ponce Pilate, la lâcheté citoyenne,

Il parait qu'il faut écouter le message super important et vachement grave qu'ont donné les électeurs en s'abstenant. Il parait qu'ils en ont marre, qu'ils n'ont plus confiance et que de toute façon, ils n'arrivaient pas à se décider parce qu'il n'y avait pas de choix intéressant. C'est-à-dire qu'avec en moyenne 15 à 16 candidats par circonscription, certaines allant jusqu'à 28, eh bien, il n'y avait pas le choix.

Franchement, victimiser tout le temps le citoyen, qu'on ferait mieux d'appeler consommateur, lui qui trouve normal pour ce qui le concerne de faire des fausses factures, de truander ses notes de frais, de faire travailler au noir, de ne pas payer de TVA, d'oublier quelques petites choses à déclarer, de mettre ses pieds sur les sièges dans les transports en commun, de ne pas respecter les règles de base de circulation mais qui a une exigence absolue de transparence et de probité s'agissant des autres... car n'oublions pas que dans la tricherie, la différence entre un élu et un citoyen est que le premier est un voyou tandis que le second est un rusé qui paye bien assez d'impôts comme ça et il est donc normal qu'il en récupère un peu... Franchement, disais-je, victimiser tout le temps le citoyen m'invite à sourire trois minutes et à reprendre deux fois des nouilles. Cessons de parler de politique, parlons plutôt du marché de la politique comme on parle du cours de la bourse et nous verrons que soudainement... tout s'éclaire... Chacun ne voit que son petit pré carré et se fout éperdument de l'intérêt général. Il pleure sur les conditions de travail en Chine, Inde, Turquie ou Tunisie qu'il ne va pour autant pas visiter quand il fait ses petits voyages de vacances desquels il revient en portant fièrement la contrefaçon d'un sac Vuitton marchandé à un esclave entre deux visites de temples ou d'églises. Sac qui va drôlement bien avec la robe ou le tee-shirt acheté 10 euros en France chez Zara, Mango, Tati ou Kiabi sans se préoccuper une seconde des conditions de sa fabrication. Et ce ne sont pas les plus pauvres qui ont cette attitude alors inutile de rétorquer que c'est une question de survie. Je rappelle que le seul restau qui a vu son chiffre d'affaire augmenter près de la place de la République durant la période Nuit Debout est le Mac Do. Tous les autres à l'inverse, on vu le leur s'effondrer. En outre, Il n'est qu'à voir les multiplications de lettres ouvertes au futur président de la République, puis au futur Premier ministre auxquelles on a eu droit durant les périodes électorales où chacun exposait son domaine d'activité comme s'il était la problématique essentielle de la nation. A les lire, il était assez clair que si ce qui était écrit n'était pas pris en considération à la lettre (c'est le cas de le dire), alors nécessairement, le futur président ou le futur Premier ministre n'était qu'un gros naze qui ne méritait pas sa place. 

Mais la consommation ne serait rien si la lâcheté n'en était la mère nourricière. Voter c'est choisir. C'est porter la responsabilité de l'élection d'un(e) candidat(e), c'est porter la responsabilité d'une voie politique avec tout ce que cela implique en termes de mesures quotidiennes traitant de la fiscalité, de l'économie, du social, de la santé, de la politique étrangère, de l'éducation, du logement, de la recherche, etc. C'est répondre à ses collègues, ses amis, sa famille, ses enfants, son entourage proche ou plus lointain qui se plaignent, dénoncent, critiquent, etc. Or, comme il est très à la mode de jeter le bébé avec l'eau du bain à la moindre insatisfaction et sans aucun discernement et qu'il est évidemment beaucoup plus facile de dénigrer ce qui est fait que de dire ce qu'il faudrait faire - en dehors bien sûr des vieux poncifs façon "y a qu'à faut qu'on" du genre "il faut arrêter la guerre", "il faut du travail pour tous" et "c'est pas bien les pauvres il faut que ça cesse" - il vaut bien mieux se placer du côté de ceux qui râlent. Au moins là, pas de risque. D'une part ce sont les plus nombreux et il vaut toujours mieux être du côté des plus nombreux et d'autre part, les arguments sont plus faciles à trouver ce qui est bien utile en cette ère "hanounesque" de fainéantise intellectuelle généralisée. Pour convaincre du bien fondé d'une politique, il faut expliquer les choses, tenir compte des tenants et des aboutissants, aborder la complexité, l'interdépendance, etc. Pour remettre en cause, pas besoin de tout cela, une phrase, un slogan suffisent. Bref, si on veut éviter d'avoir l'air con devant les copains qui ne manqueront pas de vous expliquer entre deux moqueries que franchement vous êtes une bille bien décevante d'avoir voté pour tel ou tel, mieux vaut s'abstenir sous le prétexte que les élus sont tous les mêmes, des gens qui ne pensent qu'à leur carrière, qui vivent dans un autre monde et que de toute façon la politique ne sert plus à rien. En somme, puisque les références religieuses sont à la mode, c'est soit Saint Pierre qui renie trois fois avant le chant du coq soit Ponce Pilate qui se lave les mains du sang du juste. Deux formes d'une même lâcheté. Il semble qu'avec l'abstention, la seconde l'ait emporté sur la première. Les scrutins sont clos, il restera à chacun, sous le masque de son pseudonyme, d'exprimer par messages anonymes sur les réseaux sociaux ses indignations, ses révoltes, ses oppositions, ses moqueries, ses insultes et autres dénigrements. 

Nous, population que je n'ose plus appeler peuple et pas encore populace, sommes les premiers grands guignols de cette mascarade qu'on appelle abusivement crise politique.

jeudi 15 juin 2017

Kachou et la chansonnette

Bon, j'ai rongé mon frein jusque-là mais reconnaissons que dès qu'on lui laisse la bride sur le cou, AK47 se laisse aller à ses fantasmes et finit par écrire et dire n'importe quoi.

Un truc quand même qu'il faudra qu'il nous explique c'est pourquoi sur son blog il est aussi agressif et méprisant avec Jacques Mahéas alors qu'en privé, il le cajole avec des SMS plein de mots gentils... j'avoue que cela me laisse perplexe. 

Abdelhak Kachouri serait-il versatile ? La question mérite d'être posée vu que son blog est à géométrie variable. Ça me rappelle une chansonnette que nous entonnions lorsque j'étais enfant lors de nos promenades à la colo : 
"Il était une bergère qui allait au marché. Elle portait sur sa tête trois pommes dans un panier. Les pommes faisaient rouli roula les pommes faisaient rouli roula. Stop ! ... Trois pas en avant, trois pas en arrièreuuu, trois pas sul'côté, trois pas d'laut'côté"
Les articles viennent, repartent, réapparaissent, puis disparaissent selon le sens du vent ou les fessées qu'il se prend suite à leur publication. Même chose pour les illustrations. Roi du selfie, AK47 aime se faire prendre en photo à côté de personnalités diverses et variées oubliant cette fameuse phrase de Louis Jouvet indiquant que le talent n'est pas contagieux. Après, là aussi, selon les fessées ou les cotes desdites personnalités, les photographies disparaissent comme par enchantement ou sont reléguées en profondeur de page.

Mais voilà, il est comme ça kachou, il se réveille à chaque élection (et Dieu, auquel je ne crois pas, sait à quel point il est aussi endormi entre les échéances électorales qu'une marmotte au cœur de l'hiver), reprenant ses rêves pour des réalités, capable de bouffer à tous les râteliers en fonction des opportunités. Capable, je l'ai déjà écrit, des plus abominables parjures en affirmant haut et fort qu'il veut être le prochain maire après avoir juré à votre serviteur, sur la tête de ses propres enfants, qu'il ne le souhaitait pas et que plus jamais il ne se lancerait dans cette aventure. Lui le sait, moi je le sais, sa conscience, s'il en a une, le sait. Pour le moins, quelqu'un d'aussi peu respectueux de sa parole et de ses serments ne peut décemment pas être digne de confiance.

Il y avait dans le jardin voisin du mien, plein sud, un arbre magnifique, centenaire, à la taille considérable, au tronc fort comme une montagne, étendant des branches généreuses, touffues, sans fin, en refuge séculaire à toute une diversité d'oiseaux qui s'y sont reproduits de générations en générations. Le terrain, un petit no man's land naturel au milieu de maisons plus ou moins anciennes, a été vendu pour y construire, on dit, deux maisons. Ce matin, pour laisser la place aux maisons, le bel arbre a été abattu et c'est tout un paysage qui s'est soudainement transformé. 

En Amérique, dans certaines tribus indiennes, on parle à l'esprit de l'animal tué ou de l'arbre abattu pour lui expliquer la nécessité qu'il y avait à le faire. C'est une marque de respect. Je n'aime pas le manque de respect.

mercredi 10 mai 2017

Vous avez dit renouveau ?

Combien se sont moqués hier de l'initiative d'Emmanuel Macron et du mouvement "En Marche" de vouloir sortir des carcans des partis traditionnels pour proposer une autre façon de faire de la politique hors des sectarismes qui répondent davantage aux intérêts des organisations politiques qu'à ceux du pays et des Français ? Que n'a-t-on glosé, désinformé, inventé des histoires, raillé, asséné des "c'est un feu de paille qui fera pschitt" jusqu'à "pour y être arrivés, il faut bien qu'ils aient été soutenus par les puissances occultes de l'argent puisque c'est un banquier" en passant par "la dénonciation du système des partis n'est qu'un prétexte et même une atteinte aux principes démocratiques". 

Et que commence-t-on à voir fleurir (vous me direz c'est le printemps) ? Christiane Taubira, Martine Aubry et Anne Hidalgo qui lancent un mouvement politique baptisé "Dès Demain" avec comme commentaire : "Le moment est venu de nous émanciper des vieux carcans d’hier et des débats strictement internes aux appareils politiques pour créer un mouvement, dont le rôle sera d’identifier les solutions et les réussites locales, et de travailler à leur mise en œuvre à toutes les échelles de territoires : locale, nationale et européenne."

Ce matin, Benoit Hamon, propose de lancer en juillet un vaste mouvement de gauche transverse, hors de toute obédience partisane pour rénover la dynamique démocratique "puisque les partis ne veulent pas parler entre eux".

De son côté, après avoir souhaité l'adhésion de la France à la grande Alliance Bolivarienne, la France Insoumise et le parti communiste se fâchent et seront adversaires aux législatives, illustrant assez bien que l'intérêt des partis prime quand même sur tout autre considération ; subventions d'état post élections obligent. On l'a vu dans l'Alliance Mélenchon/Hamon qui ne s'est pas faite malgré l'appel de millions de Français. Ultime accord qui aurait pu emporter mon suffrage mais qui, définitivement, m'aura montré à quel point cette gauche, en dehors des alliances de circonstance, est incapable de s'entendre durablement pour gouverner. Si l'imaginaire est collectif, le réel reste individualiste. C'est dommage.

Enfin, je ne m'interdis pas de penser que la droite ne manquera pas de lancer son grand mouvement de réflexion transverse dans lequel toutes les valeurs de droite pourront se reconnaître sans exclusive partisane afin de recréer une dynamique démocratique hors des partis qui n'auront pas su porter la voix du redressement.

En somme, aujourd'hui, tout le monde s'accorde à dire que les partis traditionnels ont figé la démocratie et bloqué les énergies. Quel manque d'imagination ! On pourrait cette fois gloser sur ce constat fait par des gens qui ont largement participé à cette sclérose. Comme quoi, il est toujours bon de tourner sept fois sa langue dans sa bouche. Il leur reste encore une chose à faire cependant pour répondre au désir de renouveau démocratique, c'est la bienveillance. Et là, au regard de ce que l'on a entendu et de ce que l'on entend encore, c'est pas gagné comme on dit.

lundi 8 mai 2017

Abdelhak Kachouri, la girouette parasite de la politique

Le 2 avril, Abdelhak Kachouri, ex-vice-président socialiste du conseil régional d'Ile de France, placé en position inéligible par sa liste aux dernières élections régionales tant il a été mauvais, viré du conseil municipal de Saint-Ouen où il était un fantomatique maire-adjoint, plus mauvais score du PS à Neuilly-sur Marne depuis des décennies où il s'était fait imposer comme tête de liste par le parti, conseiller municipal ne siégeant depuis 2014 ni au conseil municipal ni dans les commissions auxquelles ils s'était inscrit sans jamais s'excuser de ses absences auprès de sa liste comme auprès de la municipalité, Abdelhak Kachouri donc, professionnel du parasitage politique, écrivait à propos de l'encouragement du maire de Neuilly sur Marne à voter pour Emmanuel Macron : "Ni de droite, ni de gauche ! L'encombrant soutien est un opportuniste redoutable ! :
Son appel à voter Monsieur Macron fera un flop, car il est vide de propositions et terriblement creux, à l'image de ce Maire fatigué qui s'accroche au pouvoir car il n'a rien d'autre pour exister."
Et après avoir vitupéré contre les écrits du maire il ajoute "La commission nationale des comptes de campagne est d'ores et déjà informée de l'édition de ces supports... Contrairement à lui, je n'inciterai personne à voter pour un-e candidat-e. "

Le 1er mai, tentative de négociation de virage, le voilà qui écrit : "Le 7 mai, je voterai Emmanuel MACRON... Une page se tourne et à l'évidence elle permettra de faire émerger (je l'espère) une nouvelle génération de responsables politiques... Une nouvelle ère commence. Chacune et chacun pourra prendre part à cette nouvelle page qui s'écrit. Pour ma part, je resterai toujours l'infatigable défenseur des valeurs de notre belle République. "

On ne sent pas le type qui se place déjà...

Le 7 mai c'est l'estocade, notre girouette locale efface consciencieusement sont post du 2 avril et écrit : "À Neuilly-sur-Marne, 8953 électrices et électeurs ont voté pour Emmanuel Macron soit 75,20 % des voix ! Un beau succès ! Je vous remercie pour cette belle mobilisation.
Je souhaite au nouveau Président de la République, Emmanuel MACRON, mes vœux de réussite pour ces 5 prochaines années. Je serai à ses côtés en tant que Républicain et légitimiste, pour lui permettre de réussir en contribuant ainsi à mon humble niveau à donner à notre grande nation les outils pour répondre aux enjeux de l'avenir
."
Cherchez l'opportuniste !

Outre le fait qu'il va falloir lui expliquer qu'on met une majuscule à République mais pas à président, tout le monde s'accorde à dire que le meilleur moyen pour Kachouri d'aider le nouveau président (et le pays) est tout simplement ... qu'il se taise et qu'il disparaisse.